QUEL TYPE DE MÉDITATION PRATIQUER ?

Attention, cette page n’a de sens que si vous avez lu : Principaux types de méditations.

Après s’être posé la question du sens (lire : Pourquoi méditer ?) et avoir un aperçu de ce qui existe en Occident (lire : Principaux types de méditations), il reste la question de savoir comment pratiquer. Chez vous avec un CD de relaxation ? Dans un dojo zen ? Avec des tibétains ? Avec un livre ? En téléchargeant une application ? Si votre démarche est claire, tout peut vous aider. Si elle ne l’est pas, vous risquez de vous perdre.

Je précise qu’à part pour un ou deux point particuliers, cet article est basé sur mon expérience personnelle et pas sur quelque chose lu dans des livres. Je remarque que beaucoup de gens ont un avis très clair sur ce qu’est la méditation. Mais qu’ils n’en ont pratiqué qu’une seule, ou qu’ils n’en ont tout simplement jamais pratiqué. Ce n’est pas pour autant que mon avis est le seul valable. Je vous le partage pour vous aider à vous en faire un. En vous souvenant que rien ne remplace l’expérience de vous asseoir vous-même sur un coussin…

Le Yoga

Le yoga permet de méditer de bien des manières. En se concentrant sur la respiration, sur une posture, sur un point du corps, sur un ou plusieurs chakras, sur un mantra. En Occident, il est pratiqué en groupe avec un enseignant alors que le yoga a longtemps été une véritable pratique spirituelle qui se transmettait en tête à tête de maître à élève. Les pratiques méditatives pendant un cours de yoga sont donc guidées et n’ont pas pour but de conduire vers l’autonomie. Cette démarche correspond néanmoins parfaitement à notre vision du yoga comme outil de bien-être et c’est très bien comme cela pour la majorité d’entre-nous.

Pleine conscience & Mindfulness (MBSR)

Si vous voulez juste vous calmer ou gérer votre stress, la Pleine conscience et la Mindfulness sont des outils formidables. Ils sont particulièrement adaptés aux enfants et j’encourage à les introduire dans les écoles le plus tôt possible. C’est sans risque et peut être enseigné par pratiquement n’importe qui, s’il se contente de faire de la pleine conscience. Les différents exercices proposés par Petit Bambou ou Calme et attentif comme une grenouille, par exemple, sont parfaitement adaptés aux enfants et à ceux qui souhaitent juste être plus « présents » et conscients de l’instant présent.

Néanmoins, attention au piège qui se met en place doucement dans certaines entreprises et qui consiste à y faire entrer la méditation pour que les gens « tiennent le coup ». On réduit les équipe, on bloque les salaires, on fait travailler les gens 10 heures par jour, et on leur offre une formation de Mindfulness pour qu’ils ne craquent pas. Et quand ils craquent, on leur dit : « Pourtant on vous a payé une formation ! » Destruction psychologique assurée…

Les applis sur Smartphone

Christophe André, Imagine Clarity (Matthieu Ricard), Petit BamBou, Maman Zen, Pleine conscience (Jon Kabat-Zin), RespiRelax, il existe quantité d’applis (la plupart payantes) que vous pouvez installer sur un téléphone ou une tablette. C’est une bonne manière de découvrir la méditation facilement et sans trop d’efforts puisque beaucoup de méditations sont guidées. Elles utilisent des techniques de sophrologie et de méditation, de manière très simple, accessible et ludique.

Par expérience, les applis sont un moyen rapide et facile de se mettre à méditer pour pouvoir se calmer et gérer son stress. Comme vous l’aurez probablement compris, ce sont aussi de formidables outils de bien-être mais pas ils ne remplaceront jamais une véritable démarche de méditation.

Méditation Vipassana

La méditation Vipassana est l’enseignement de base de la méditation, le plus ancien. Ce n’est pas juste un outil de bien-être comme ceux cités ci-dessus. C’est un outil puissant de compréhension et de libération qui demande un effort sur du plus long terme, mais avec des effets plus profonds. La méthode Goenka est très puissante, mais est difficilement praticable en permanence. La méthode Mahasi est plus douce et a le gros avantage de pouvoir être pratiquée pratiquement en permanence. Ce qui a pour conséquence qu’elle finit par devenir une pratique naturelle qui ne demande plus aucun effort.

Quand je vois le nombre de gens qui ont fait une retraite vipassana de 10 jours, que ce soit avec Goenka ou Mahasi, et ce qu’ils en ont fait ensuite, je constate à nouveau le peu de compréhension de ce qu’est une véritable démarche de méditation.

Méditation zen (zazen)

De par son origine japonaise, il y a pas mal de rituels dans zazen. On entre, on s’assied et on médite en suivant des règles strictes. On termine zazen en chantant le Sutra du Coeur. Certains apprécient ce côté rituel, d’autres non. Je rappelle néanmoins que zazen n’a pas de connotation religieuse et peut être pratiqué par tout le monde. J’ai personnellement beaucoup apprécié le côté très cadré quand j’ai commencé à pratiquer.

J’ai pratiqué le zen Sōtō intensément pendant longtemps avant d’arrêter de le pratiquer dans un dojo. Voici pourquoi : s’asseoir face à un mur, en essayant de laisser passer les pensées, mais sans savoir quoi faire avec, est (à mon sens) une erreur qui conduit à développer une forte résistance pour arriver à ne pas réagir. L’erreur ne se trouve pas dans le zen, qui est une formidable pratique, mais dans le fait de commencer par le zen. Dans mon expérience, la pratique de vipassana amène naturellement à la pratique du zen. Pas l’inverse. Les enseignants qui invitent à juste s’asseoir et à laisser passer les pensées oublient que ce que les gens veulent c’est comprendre comment faire cela. Et ça c’est du vipassana…

Je n’ai jamais essayé le zen Rinzai, car j’ai toujours trouvé que se casser la tête sur un koan ne correspondait pas à ce que je cherchais dans une pratique de méditation. Par contre j’ai adoré le faire en dehors de ma pratique.

Méditation tibétaine

Ce n’est pas vraiment de leur faute, mais les enseignements prodigués aux tibétains sont tellement riches et complexes qu’il leur est difficile d’en transmettre les bases aux occidentaux. Il faut savoir qu’un moine entre au monastère très jeune et y passe des années à pratiquer. Alors après avoir passé 20 ans à s’initier à des dizaines de techniques, on peut comprendre qu’ils soient perdus quand un occidental vient pour apprendre à méditer en un weekend.

Malgré tout, les pratiquants qui fréquentent le Temple Yeunten Ling de Huy (Belgique) ont réussi à convaincre les moines du bien fondé de la démarche occidentale. Alors même si cela se fait encore au compte goutte, la grande ouverture d’esprit des moines présents sur place a permis de créer de véritables enseignements ouverts à tous.

Si la culture tibétaine vous intéresse, ou si vous voulez suivre un enseignement plus complet que la simple méditation, il existe des retraites et des enseignements complets dans des temples tibétains.

Méditation sonore

La méditation sonore ne peut vous faire que du bien. Je déconseille néanmoins de se limiter à cette pratique. Car elle mène souvent à un décalage entre des moments extraordinaires de méditation et une vie active désagréable. Beaucoup de gens se mettent alors à « supporter » leur journée ou leur semaine en attendant avec impatience le moment de méditation pour pouvoir se faire du bien.

Quelqu’un m’a dit un jour que les sons lui permettaient une « reconnexion avec soi ». C’est tout à fait vrai. Si vous êtes à la recherche d’une reconnexion, c’est absolument parfait. Si vous êtes à la recherche de la vérité, une question intéressante serait de savoir qui se reconnecte avec qui.

Méditation Transcendantale (MT)

Dans le cas de la Méditation Transcendantale, ce n’est pas tant l’utilisation d’un mantra comme pilule magique qui pose question, c’est le cadre. D’abord le mantra coûte près de 1000 euros (ce qui explique comment le gourou est devenu très riche). Ensuite, la récitation de mantras n’est pas adapté à tous. Pas parce que cela ne fonctionne pas, mais parce que cela fonctionne trop bien. Forcer un état de conscience différent, que ce soit avec un mantra ou une drogue, n’est pas quelque chose de naturel.

Je déconseille donc la MT, sauf si vous savez exactement ce que vous faites ou si vous avez subi un traumatisme grave et que c’est la seule chose qui peut vous aider. J’insiste : pour moi, la MT n’est pas une démarche saine, n’est pas adaptée aux enfants et n’a rien à faire dans les écoles. Pour mieux comprendre, je vous invite à lire un article d’une certaine Michèle Reboul : Les pouvoirs de la MT

Méditations guidées

Il existe quantité de méditations guidées, pour à peu près tous les aspects de votre vie. Être guidé est souvent essentiel quand on veut commencer à méditer. Néanmoins, être guidé peut mener à la dépendance. C’est tellement facile de se laisser bercer par la voix de quelqu’un d’autre. Connaissez-vous le proverbe « Si tu donnes un poisson à un homme il mangera un jour ; si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours » ? Voilà, comme ça vous savez ce que je pense de la méditation guidée : une aide, parfois précieuse, mais pas une solution. Elle vous donne du poisson à chaque fois que vous l’utilisez. Mais attention de ne pas perdre votre lecteur.

Ce que je transmets

Toutes les techniques de méditation que j’ai pratiquées ont le même défaut. Elles amènent les gens à méditer, méditer, et encore méditer. Il y a un sens à cette démarche de méditation, un sens qui semble oublié par certains enseignants. Je pense que c’est tout simplement parce qu’ils ne savent pas eux-mêmes où cela mène. La méditation ne sert pas à apprendre à méditer, elle ne sert pas à devenir un expert en méditation, ni à devenir une meilleure personne, ni à rien d’autre. Méditer est un retour à ce que nous sommes vraiment. Ce retour n’a rien de magique, rien de spirituel, il suit une logique simple qui mène inexorablement à nous ramener à être ce que nous sommes naturellement quand le mental reprend sa juste place. C’est cette démarche que je transmets aujourd’hui sous forme de séances ou de cycles.

Cette démarche suit une logique basée sur les enseignements originaux : je commence par des techniques de vipassana qui ont pour but de calmer l’esprit et d’arriver à observer les pensées et phénomènes sans les étiquettes habituelles du mental. Cela permet de pouvoir simplement se poser et à commencer à pratiquer zazen. Une autre étape peut alors prendre place, que les tibétains appellent « La nature de l’Esprit ». C’est un retournement vers ce qui observe et qui amène à se retrouver.

Le prochain cycle durera 7 semaines, à raison d’une séance par semaine, et se déroulera à Mont-Saint-Guibert (Belgique) de février à mars 2018. Voir : AGENDA.

Conclusion

Si vous désirez pratiquer ce qu’on appelle la pleine conscience, vous pouvez utiliser un livre comme support ou télécharger une application. Mais une véritable démarche de méditation nécessite d’avoir un guide à qui parler. Sinon vous n’arriverez à rien. Ne vous focalisez pas sur les chants des moines ou les prières qu’ils peuvent faire. C’est leur vie, pas la vôtre. Portez juste une grande attention à ceux qui enseignent, car un véritable enseignant vous poussera toujours vers l’indépendance.

Même si vous ne trouvez pas d’endroit ou de type particulier, commencez par simplement vous asseoir en silence et à observez votre respiration. Ce sera déjà un bon départ. Vous trouverez quelques conseils sur la page Conseils pour méditer chez soi.

Et un dernier conseil, mais peut-être le plus important : rappelez-vous toujours votre but. Qu’est-ce que vous voulez vraiment ? Si vous voulez vous calmer, observez si votre méditation vous permet de vous calmer. Si vous voulez clarifier les choses, observez si les choses deviennent plus claires. Si vous voulez voir la vérité, est-ce que vous avez l’impression de vous en approcher ? Rappelez-vous toujours le but, sinon vous allez vous perdre sur le chemin en écoutant des personnes qui prétendront qu’en les suivant vous trouverez ce que vous cherchez. Toute pratique peut vous aider, mais faites attention de ne pas vous perdre dans la pratique.

Partager :