PRINCIPAUX TYPES DE MÉDITATIONS

La méditation existe depuis des millénaires et s’est complexifiée en plusieurs courants, avec des techniques différentes et des objectifs divers. Car, au delà des techniques utilisées, c’est l’objectif visé qui est important quand on entame une démarche de méditation. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise méditation. À chacun de trouver le type qui lui convient. Je conseille néanmoins à toute personne intéressée par la méditation de garder en tête qu’elle devrait rester libre de continuer ou d’arrêter sa pratique quand elle le désire.

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Quelques types largement utilisés aujourd’hui en occident :

Le Yoga

Nombre de gens découvrent la méditation à travers le yoga. La méditation pratiquée dans le yoga en Occident est souvent un mélange de plusieurs pratiques, ce qui est parfait pour un occidental qui ne s’intéresse pas forcément à cette philosophie. Cette vision occidentale du yoga a presque toujours un but de transformation (détente, relaxation ou soin) ou d’union (corps et esprit), contrairement aux méditations zen ou vipassana par exemple, qui n’ont pas pour but de modifier ce qui est.

La méditation se retrouve dans plusieurs des 7 enseignements du yoga (liens vers le site assez complet de Denis Billo) : Yama (maîtrise), Niyama (discipline), Asanas (postures), Pranayama (souffle), Pratyahara (intériorisation), Dhâranâ (méditation profonde), Dhyana (conscience pure).

Mindfulness (MBSR)

La Mindfulness de Jon Kabat-Zinn, tel qu’elle est présentée en occident, est une série d’exercices de méditation, relaxation et sophrologie qui ont pour but de gérer le stress, l’angoisse et la dépression. Elle est présentée sous la forme de 8 séances espacées d’une semaine.

La MBSR se base sur la pleine conscience (voir ci-dessous) mais ne correspond pas réellement à un type de méditation particulier. Pour en savoir plus : Méditation et Mindfulness (MBSR)

La pleine conscience

La pleine conscience n’est pas réellement un type de méditation. Je la cite ici parce qu’elle est de plus en plus considérée comme telle, en partie parce que la MBSR est souvent traduite par Pleine conscience (alors que la pleine conscience n’est qu’une partie de la MBSR). La pleine conscience est une démarche qui consiste à porter son attention sur le moment présent, instant après instant, de façon intentionnelle, et sans jugement de valeur. Toute pratique a donc tendance à développer la pleine conscience, puisque cette démarche est présente dans pratiquement tous les types de méditation.

Les exercices de pleine conscience qui envahissent les écoles et la société occidentale ne sont donc qu’une petite part d’une véritable démarche de méditation et c’est très bien comme cela. Les différents exercices proposés par Petit Bambou ou Calme et attentif comme une grenouille, par exemple, sont parfaitement adaptés aux enfants et à ceux qui souhaitent juste être plus « présents » et conscients de l’instant présent.

Méditation Vipassana

Considéré comme la plus ancienne technique de méditation bouddhiste, la méditation Vipassana consiste à prendre chaque phénomène qui apparaît, physique ou mental, comme objet de méditation. Le but est de comprendre la réalité de ces phénomènes (Vipassana signifie « voir la réalité comme elle est »). Deux techniques principales sont enseignées en Occident :

  • La méthode GOENKA, la plus connue, consiste à scanner le corps en suivant un ordre précis (au choix, mais toujours le même), en observant les sensations présentes et en développant l’équanimité par rapport à celles-ci (= ne plus juger mais juste constater). Cette méthode est parfois critiquée parce qu’elle demande un effort de concentration constant qui peut sembler à l’encontre du côté « détente » qu’est supposé amener la pratique. Goenka justifie cette attention délibérée par le fait qu’observer les phénomènes quand ils apparaissent risque de faire sauter l’attention d’un phénomène à l’autre sans réellement avoir le temps de prendre conscience de sensations plus subtiles.
  • La méthode MAHASI invite à simplement observer les phénomènes quand ils apparaissent. C’est la méthode que j’utilise car elle correspond à la vision de la méditation comme un outil temporaire, un « entrainement » et pas comme quelque chose que l’on doit pratiquer toute sa vie sous peine de ne plus se sentir bien. Les « éveillés » (pour peu que ce mot ait un sens…) que j’ai rencontrés ne méditent pas, ou plus (en réalité on pourrait dire qu’ils sont en méditation constante). Ce qui est une preuve que la méditation n’est pas quelque chose d’obligatoire mais juste un outil.

Méditation zen (zazen)

Le zen vient du Japon, avec un aspect très « rituel » typique aux japonais. Je conseille d’associer la pratique de zazen avec la lecture de textes afin de comprendre la démarche globale du zen dont le centre est le Sutra du Coeur que l’on chante à la fin d’un zazen : Maka Hannya Haramita Shingyo. Il existe deux grandes branches dans le zen :

  • Le zen Sōtō, le plus répandu, invite à s’asseoir en silence, sans but, face à un mur (= face à soi), et à concentrer son attention sur sa posture et sa respiration. Quand des pensées surgissent, on les laisse passer comme des nuages dans le ciel et on revient à sa posture et à sa respiration.
  • Le zen Rinzai, moins répandu en occident, utilise un kōan, qui est une phrase ou une question paradoxale que pose le maître et que le disciple doit dissoudre (plutôt que résoudre). Comme le kōan ne peut être compris logiquement, il est une invitation au lâcher prise et à une compréhension plus large de la réalité.

Méditation tibétaine

La méditation tibétaine de base se divise en 2 parties : Chiné, la pacification du mental (=concentration), et Lhaktong, la méditation analytique qui permet d’étudier le fonctionnement de notre esprit. Les tibétains séparent deux pratiques : celle liée au mental, qui a pour but de développer l’amour et la compassion, et celle liée à l’esprit, qui a pour but de réaliser la véritable nature de celui-ci. La méditation tibétaine utilise les 6 vertus (générosité, éthique, patience, effort enthousiaste, concentration et sagesse) pour se « nettoyer ».

Si les moines tibétains sont ouverts à transmettre la pratique de Chiné à n’importe qui, les pratiques avancées sont plus complexes et font appel à des supports tels que des divinités. Il existe plusieurs écoles différentes dans le bouddhisme tibétain, avec des fonctionnements et des structures complexes. C’est pourquoi tout moine tibétain doit commencer par citer ses maîtres (donc son école et sa lignée) avant de commencer à enseigner.

Pour mieux comprendre la différence entre la méditation tibétaine, zen et vipassana, il peut être utile d’avoir une idée plus claire de ce qu’est la PHILOSOPHIE BOUDDHISTE.

Méditation sonore

La méditation sonore utilise un instrument, de la musique ou tout simplement la voix comme objet de méditation. Même si certains objets sont dédiés à cette utilisation, comme le bol de cristal, tout instrument de musique peut toucher profondément et avoir un effet direct sur les cellules du corps.

Le son peut être un outil thérapeutique puissant qui permet de calmer l’esprit, d’apaiser les turbulences émotionnelles ou de susciter un état de détente profonde ou de conscience modifiée. Malgré la puissance de cet outil, je n’ai jamais rencontré de contre-indications par rapport à ce type de méditation, contrairement à la Médiation Transcendantale (voir ci-dessous).

Méditation Transcendantale (MT)

La méditation transcendantale est une technique de relaxation et de développement de la conscience qui se pratique à raison de deux séances d’une vingtaine de minutes par jour. Elle consiste à répéter un mantra secret et personnel, choisi par un enseignant. Cette technique, souvent présentée comme une sorte de « pilule magique » (rapide, facile, et qui améliore absolument tous les aspects de votre vie) a été inventée par le gourou Maharishi Mahesh Yogi qui l’a popularisée en Occident. Cette méditation permettrait à l’esprit de se diriger vers un état appelé « conscience pure ».

Mon avis : Un mantra peut être un outil très puissant de transformation. Chanter des mantras n’est absolument pas un problème, mais utiliser tous les jours le même mantra dans le but d’éveiller la conscience peut mener à des états de conscience que l’individu n’est pas prêt à appréhender. Je conseille donc de rester prudent par rapport à ce type de médiation. Pour moi, la MT n’est pas une démarche saine, n’est pas adaptée aux enfants et n’a rien à faire dans les écoles.

Méditation guidée

La méditation guidée consiste, comme son nom l’indique, à se laisser guider par une voix. Elle peut avoir un but de relaxation, thérapeutique, d’hypnose, de motivation, de détente, de nettoyage émotionnel, ou tout simplement de bien-être. On peut évidemment créer une méditation guidée à partir de tous les types cités ci-dessus.

Quelle type de méditation pratiquer ?

Commencez par vous demander pourquoi vous voulez méditer : POURQUOI MÉDITER ?

Si vous voulez juste vous calmer, la Pleine conscience et la Mindfulness sont des outils formidables. Ils sont particulièrement adaptés aux enfants et j’encourage à les introduire dans les écoles le plus tôt possible. C’est sans risque et peut être enseigné par pratiquement n’importe qui, s’il se contente de faire de la pleine conscience. Néanmoins, attention au piège qui se met en place doucement dans certaines entreprises et qui consiste à y faire entrer la méditation pour que les gens « tiennent le coup ». On réduit les équipe, on bloque les salaires, on fait travailler les gens 10 heures par jour, et on leur offre une formation de Mindfulness pour qu’ils ne craquent pas. Et quand ils craquent, on leur dit : « Pourtant on vous a payé une formation ! » Destruction psychologique assurée…

Vipassana n’est pas seulement un outil de bien-être, c’est un outil de compréhension et de libération qui demande un effort sur du plus long terme, mais avec des effets plus profonds. C’est l’enseignement de base de la méditation, le plus ancien.

De par son origine japonaise, il y a pas mal de rituels dans zazen. On entre, on s’assied et on médite en suivant des règles strictes. On termine zazen en chantant le Sutra du Coeur. Certains apprécient ce côté rituel, d’autres non. Je rappelle néanmoins que zazen n’a pas de connotation religieuse et peut être pratiqué par tout le monde. J’ai personnellement beaucoup apprécié le côté très cadré quand j’ai commencé à pratiquer.

Si la culture tibétaine vous intéresse, ou si vous voulez suivre un enseignement plus complet que la simple méditation, il existe des retraites et des enseignements complets dans des temples tibétains.

La méditation sonore ne peut vous faire que du bien. Je déconseille néanmoins de se limiter à cette pratique. Car elle mène souvent à un décalage entre des moments extraordinaires de méditation et une vie active désagréable. Beaucoup de gens se mettent alors à « supporter » leur journée ou leur semaine en attendant avec impatience le soir pour pouvoir se faire du bien.

Dans le cas de la Méditation Transcendantale, ce n’est pas tant l’utilisation d’un mantra comme pilule magique qui pose question, c’est le cadre. D’abord le mantra coûte près de 1000 euros (ce qui explique comment le gourou est devenu très riche). Ensuite, la récitation de mantras n’est pas adapté à tous. Pas parce que cela ne fonctionne pas, mais parce que cela fonctionne trop bien. Forcer un état de conscience différent, que ce soit avec un mantra ou une drogue, n’est pas quelque chose de naturel. Je déconseille donc la MT, sauf si vous savez exactement ce que vous faites ou si vous avez subi un traumatisme grave et que c’est la seule chose qui peut vous aider. Pour mieux comprendre, je vous invite à lire un article d’une certaine Michèle Reboul : Les pouvoirs de la MT

En fonction de votre situation géographique et de vos disponibilités, renseignez-vous autour de vous ou sur Internet. Puis ouvrez les yeux et les oreilles, restez attentifs aux informations que vous recevrez et qui seront en lien avec la méditation. Essayez plusieurs types si possible. Une ou deux séances suffisent pour voir ou « sentir » ce qui vous convient. Portez une grande attention à ceux qui enseignent. Un véritable enseignant vous poussera toujours vers l’indépendance.

Même si vous ne trouvez pas d’endroit ou de type particulier, commencez par simplement vous asseoir en silence et à observez votre respiration. Ce sera déjà un bon départ. Vous trouverez quelques conseils sur la page CONSEILS POUR MÉDITER CHEZ SOI.