POURQUOI JE VAIS BIEN… PUIS MAL ?

de | 06/09/2017

Si vous avez déjà vécu des moments de bien-être intense, et que tout à coup tout semble s’écrouler sans raisons, cet article vous concerne peut-être. Il ne couvre évidemment pas tous les cas, il s’adresse surtout aux personnes qui sont intéressées par une approche différente de leur situation, et il risque d’être difficilement accessible aux victimes d’une méchante maladie qui ne leur laisse d’autre choix que de supporter une vie de hauts et de bas. Pour comprendre ce phénomène de « bien » puis « pas bien », commençons pas une petite histoire :

Imaginez que vous avez acheté une magnifique maison dans laquelle vous vous sentez bien, mais avec une quinzaine de vieilles machines à laver pourries dans la cave. Elles sont lourdes, il y a un escalier très raide, et de toute façon vous ne sauriez pas quoi en faire une fois à l’extérieur, donc vous avez décidé de simplement fermer la porte de la cave et de les laisser là.

Un jour, votre propre machine à laver tombe en panne. À ce moment, une camionnette passe dans la rue : « Vieux fers, vieux matelas, vieilles machines à laver, profitez de notre passage ! » Vous l’arrêtez, deux molosses sortent du véhicule et embarquent votre machine en 2 minutes chrono. Vous pensez alors à celles qui sont dans votre cave et les deux ferrailleurs vous proposent de vous aider. Ils y descendent, en prennent une, la déposent dans leur camionnette qui est alors remplie, et vous disent qu’ils reviendront demain chercher les autres.

Pendant une semaine, c’est l’enfer dans votre maison : vous avez installé des couvertures partout pour protéger le sol entre la porte de la cave et la porte de sortie de la maison. Chaque fois qu’ils sortent une machine, il y a une odeur insupportable pendant toute la journée, et même des souris qui s’échappent dans votre salon !

Pourtant, vous êtes content(e) de voir que votre cave se vide. Parce que, finalement, les souris étaient déjà là avant, les odeurs aussi, et vous réalisez que régulièrement vous alliez colmater la porte de cette cave de peur que cela n’envahisse votre maison… Après une semaine, les machines sont parties, vous pouvez nettoyer votre cave, les souris déménagent, et vous vous sentez bien.

Explication

Pourquoi avez-vous décidé de vider votre cave ? Parce que certains éléments sont apparus (les ferrailleurs) et vous ont donné la possibilité de le faire. Même si dans le cas du bien-être cette décision est inconsciente, notre cerveau fonctionne de cette même manière : quand les circonstances favorables sont présentes, le cerveau ouvre les portes et laisse sortir ce qui est prêt à être nettoyé / libéré. C’est ce qui se passe quand on se sent bien ou quand on se retrouve dans le cadre sécurisant offert par un thérapeute (par exemple). Quand une période de bien-être et de détente se présente, tout se passe comme si notre cerveau disait « Ah ! On va pouvoir laisser sortir ! » Et les jours qui suivent, ce qui est prêt se libère.

Malheureusement, comme pour les machines à laver, ce n’est pas très agréable quand cela sort. Mais si nous avons conscience que c’est pour un mieux, et que c’est provisoire, alors cela peut devenir nettement moins pénible. Si nous avons appris à méditer (vraiment), nous pouvons continuer à observer ce qui se passe dans l’instant, sans s’identifier à notre état émotionnel.

Nous allons donc bien, et puis mal, parce qu’un état de détente a pour effet d’ouvrir des portes. À partir de cette compréhension, il reste un choix à faire : laisser sortir… ou pas. Sans une compréhension de ce qui se passe, nous pouvons avoir l’impression que nous avons un problème. Ce qui aggrave notre état. En prenant un médicament, nous bloquons le processus, la camionnette s’en va et les machines restent dans la cave. En rajoutant plusieurs couches de pensées comme « J’ai un problème » ou « Je ne veux pas sentir cela », la souffrance augmente. Pendant les phases de bien-être, si l’on rajoute des pensées comme « Super, maintenant je vais bien ! » ou « Yesssss ! J’avance ! », on augmente la sensation de joie et le décalage entre notre état « bien » et « pas bien » augmente encore, ce qui crée une souffrance étiquetée comme bipolaire : trop bien, puis trop mal. Avec un peu d’entraînement, on devient littéralement fou de joie pendant la période de « trop bien » et on devient incapable de bouger pendant la période de « trop mal ».

Conclusion

Observez autour de vous et vous constaterez que les vieilles machines à laver qui traînent dans les caves n’ont plus besoin d’attendre la camionnette des ferrailleurs. Nous sommes à une époque où sortir les vieilles machines n’est plus un choix qui nous est offert. Elles sortent toutes seules, par les portes ouvertes, ou à travers les portes fermées en cassant tout sur leur passage. Alors si vous prenez conscience que vous êtes dans ce cas, il semble évident que le seul choix que vous avez aujourd’hui est d’apprendre à ouvrir les portes… ou pas.

Comprendre le processus, ne rien rajouter, accueillir ce qui vient, laisser sortir en se faisant éventuellement accompagner, ne pas s’identifier à son état émotionnel, avoir confiance que c’est pour un mieux, sont autant de pas vers un réel mieux-être à long terme.


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