FAQ

Q : La méditation est-elle une démarche de bien-être ?

De par ses effets bénéfiques, la méditation est devenue au fil du temps une démarche de bien-être. Mais, dans le bouddhisme, une véritable démarche de méditation est une démarche de libération (=éveil) qui invite à comprendre, par la pratique, la réalité de l’existence. Elle peut sembler avoir un but à atteindre, mais elle est plutôt une voie qui amène à réaliser que ce qui est cherché est déjà là et qu’il n’y a rien à trouver. Le but est donc de clarifier ce qui est présent et non d’améliorer ce qui est présent.

Q : Pourquoi existe-t-il des techniques pour méditer ? Est-ce que s’asseoir sur un coussin et simplement être ne suffit pas ?

Pour commencer à répondre à cette question, je citerai une phrase de Jetsun Khandro Rinpoché, un des lamas tibétains les plus renommés vivant aujourd’hui. Avec son style très direct et original, elle a parfaitement résumé ce point lors de sa visite à l’Institut Tibétain Yeunten Ling : « La méditation, c’est simplement être, sans perturbations, dans la fraîcheur de l’instant, sans effort, sans étiquetage ni enregistrement, et sans désirs. Mais à cause de l’agitation mentale et de l’identification personnelle, il peut être difficile de simplement être. C’est pour cela que des techniques existent. Si vous me demandez comment méditer, je vous répondrai qu’il n’y a rien à faire. Si vous n’y arrivez pas, je vous enseignerai des techniques pour vous aider à ne rien faire. »

À ce magnifique enseignement j’ajouterai que s’il peut être facile de s’asseoir dans un endroit calme et de simplement être, cela devient plus compliqué quand on essaie de le faire dans la vie de tous les jours. Les techniques existent donc pour apprendre à retrouver notre état naturel, mais aussi pour pouvoir transposer cela dans la vie de tous les jours. Au final, puisque c’est notre état naturel, les techniques s’effacent et il n’y a plus de techniques.

Q : Pourquoi méditer en silence ? Pourquoi pas avec de la musique douce ? 

Tout ce qui est utilisé pour se sentir mieux, pour se calmer ou pour changer son état présent est là dans un but de bien-être (et c’est parfait !). La méditation n’a pas pour but d’améliorer l’état d’un personnage, elle a pour but de réaliser, par la pratique, la réalité de ce qui est ressenti et de celui qui ressent.

Q : Est-ce que je médite quand je peins, quand je jardine ou quand je joue de la musique ?

Il y a souvent une confusion entre « méditer » et « être dans un état méditatif ». La pratique d’une activité qui capte toute votre attention vous met naturellement dans un état méditatif. Mais dès que vous arrêtez votre activité, cet état disparaît. Dans une démarche de méditation, c’est vous qui choisissez de vous mettre dans un état méditatif. En pratiquant délibérément, cet état devient votre état naturel et se transpose dans absolument toutes les activités de votre vie. Votre perception change, votre vision de la réalité aussi.

Q : Vous avez pratiqué plusieurs techniques : vipassana, la méditation zen (zazen) et avec des tibétains (lire : Principaux types de méditations). Qu’est-ce que vous transmettez exactement ?

Ce que je transmets vient de ces trois courants, mais en respectant ce que j’ai expérimenté comme étant un sens logique. Le point de départ est vipassana, qui enseigne comment se détacher des pensées et comment observer ce qui se passe en développant l’équanimité (= non jugement). Quand on devient capable de laisser les pensées et émotions apparaître librement, on peut pratiquer zazen (le zen est apparu 300 ans après vipassana). Ensuite, on peut aller plus loin et se mettre à découvrir la vraie nature de l’esprit, comme le font les tibétains (le bouddhisme tibétain est apparu plus de 600 ans après le zen). À lire : Philosophie bouddhiste.

Q : Vous parlez de se détacher de ses émotions, mais n’y a-t-il pas un risque de ne plus rien ressentir du tout ?

Se détacher de ses émotions est une étape qui sert à ne plus s’identifier à celles-ci et à en observer la véritable nature, pas à ne plus les sentir. Toute technique visant à rejeter ou à ne pas sentir une émotion désagréable est une technique de bien-être et pas une technique d’introspection. L’idée que la méditation permet de ne plus sentir certaines émotions vient d’une erreur d’interprétation. On croit que le sage ne sent rien, alors qu’en fait le sage sent mais n’en souffre pas (parce qu’il ne rejette pas ce qu’il ressent). Sans la souffrance, la tristesse est juste une sensation comme une autre. Elle n’est donc plus un problème.

Q : Je pratique la méditation de concentration pour calmer le mental. Mais malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à ne plus penser !

En essayant de ne plus penser, vous créez des pensées (je suis en train de penser) et des jugements (je pense trop !) qui à leur tour créent des pensées. C’est sans espoir. La méditation n’a pas pour but de changer ce qui est. La méditation de concentration a pour but de concentrer son attention sur ce qui est, la méditation de l’observation a pour but d’observer ce qui est. Si vous voulez que le mental se calme en pratiquant la concentration, contentez-vous de vous concentrer sur l’objet que vous avez choisi, il n’y a rien d’autre à faire que cela. L’effet sur le nombre de pensées n’est qu’un effet secondaire mais ne devrait jamais être un but pendant que vous pratiquez.

Q : Est-ce qu’un mantra peut m’aider ?

Un mantra peut effectivement être un objet de concentration. Le problème du mantra, c’est qu’il devient vite obligatoire car on n’arrive plus à se concentrer sans lui. Certaines personnes se mettent alors à le réciter toute la journée, ce qui peut donner cette impression qu’ils sont un peu « ailleurs », sur leur planète. Le but de la méditation n’est pas d’être ailleurs, il est d’être pleinement ici.


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