LES 6 ERREURS QUAND ON MÉDITE

de | 29/09/2017

Ce n’est pas pour rien que tous les enseignements de méditation invitent à ne pas s’engager sur une voie tout seul. Le chemin est semé d’embûches. On parle souvent des 3 refuges : l’enseignant, l’enseignement et le groupe. L’enseignant est celui qui transmet. L’enseignement se trouve dans les livres et de nos jours sur Internet. Le groupe est le fait de pratiquer avec d’autres personnes qui sont en chemin. Voici quelque erreurs typiques que l’on peut rencontrer quand on est engagé dans une véritable pratique de méditation  :

1. Essayer d’arrêter de penser

Vous êtes un être humain et vous avez un cerveau. Ce cerveau génère ou capte des pensées en permanence. Le but de la méditation n’est pas de ne plus penser, il est de ne plus être l’esclave de ses pensées. En essayant de ne plus penser, vous vous concentrez sur vos pensées, ce qui génère des pensées. Concentrez-vous sur votre objet d’attention et laissez tomber tout le reste, surtout votre désir de changer ce qui se passe maintenant. Ce n’est pas ce qui se passe qu’il faut changer, c’est sur quoi vous posez votre attention.

2. Se tromper de méditation

J’entend régulièrement des gens qui me disent qu’ils n’arrivent pas à méditer. Certains se trompent du but, comme je l’ai expliqué dans le point ci-dessus, d’autres sont tout simplement tellement perturbés par le nombre de pensées qu’ils sont incapables de se concentrer. Si vous ne pouvez pas vous concentrer, changez de méditation et essayez une méditation d’observation. Observez ce qui se passe quand vous n’arrivez pas à méditer : « OK, je n’arrive pas à méditer. C’est comment quand je n’arrive pas à méditer ? Que se passe-t-il ? » En pratiquant de cette manière vous prenez automatiquement une position d’observation, qui est aussi une pratique de méditation.

3. Continuer à méditer pour se détacher

Si vous avez pratiqué la concentration, puis l’observation, il y a à nouveau un risque d’erreur : vous allez peut-être continuer à méditer parce que cela vous permet de vous calmer et de ne plus être pris par les difficultés de la vie. Vous êtes alors à nouveau dans une méditation de bien-être. Cela n’a rien de négatif, mais si vous sentez que quelque chose n’est pas juste c’est justement parce que… quelque chose n’est pas juste. Une vraie démarche de méditation a pour but de nettoyer la machine, pas de rester le reste de sa vie avec une machine qui n’a pas un fonctionnement correct.

4. Méditer pendant trop peu de temps

Quand je conseille de méditer 3 minutes par jour, c’est parce qu’il vaut mieux méditer 3 minutes que ne pas méditer du tout et que cela aide à prendre l’habitude de s’asseoir. Cette information est parfois récupérée et on se met à méditer tous les jours 3 minutes. C’est facile, cela ne prend pas de temps, et il n’y a pas de risque de changement profond. Si vous n’avez pas le temps, méditez 3 minutes. Mais un jour ou l’autre, il va falloir augmenter cette durée si vous voulez que votre méditation soit efficace.

5. Gérer le temps sans utiliser de timer

Si vous méditez sans utiliser de timer, vous allez vous arrêter quand vous en avez assez. Et c’est justement à partir de ce moment que la pratique devient intéressante.

6. Croire que l’on a trouvé quelque chose

Vous avez médité et vous vous sentez bien ? Continuez à méditer. Une erreur typique quand on médite est de croire que l’on a atteint son but une fois que l’on a atteint un état de bien-être. Si vous méditez uniquement pour vous faire du bien, c’est parfait. Ce point ne vous concerne pas. Mais si vous méditez pour méditer, alors ce bien-être que vous ressentez peut être un piège. Plus vous allez vous sentir bien quand vous méditez, plus vous risquez de méditer pour rechercher cette sensation agréable. Ceci amplifie la dualité « bien » et « mal » dont je parle à plusieurs endroit de ce blog et qui génère de la souffrance (voir la base de l’enseignement : les 4 nobles vérités). Apprendre à observer le bien-être comme on observe le mal-être permet de démonter ce système.

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